faux avis google

Quelle responsabilité en cas de faux avis positifs ?

Acheter de faux avis positifs pour doper votre note Google ? En voilà une mauvaise idée, car non seulement la pratique est illégale, mais elle peut coûter très cher à votre entreprise. Et déléguer la commande à une agence ou à un prestataire ne change rien. La responsabilité reste la vôtre. Pire encore, depuis 2024, les sanctions se durcissent lorsque la pratique commerciale trompeuse est réalisée en ligne. Envie d’y voir plus clair ? Suivez le guide Infolawyers.

L’essentiel à retenir

  • Commander de faux avis positifs est interdit. Leur diffusion constitue une pratique commerciale trompeuse lorsqu’ils sont présentés comme de véritables témoignages de consommateurs.
  • Faire appel à une agence, un freelance ou un community manager ne vous décharge pas de votre responsabilité. 
  • Les pratiques commerciales trompeuses commises en ligne sont passibles de sanctions pénales renforcées, qui peuvent atteindre cinq ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende.
  • La DGCCRF dispose de moyens de contrôle dédiés aux avis publiés en ligne.
  • Vous pouvez solliciter des avis clients, à condition que les témoignages reflètent une expérience réelle et que vous ne dictiez pas leur contenu.
  • Face à un avis négatif, privilégiez une réponse adaptée ou, lorsque les propos le justifient, un recours juridique plutôt que de chercher à compenser votre note avec de faux commentaires.

Est-il interdit de commander de faux avis positifs ?

Vous vous dites qu’une poignée d’avis achetés ne se verra pas ? Commander de faux avis positifs constitue une pratique commerciale trompeuse lorsqu’ils sont présentés comme les témoignages de véritables consommateurs.

L’article L.121-4 du Code de la consommation est parfaitement clair sur ce point. 

Vous éviterez donc : 

  • d’acheter vingt avis Google cinq étoiles ; 
  • de demander à des proches de publier un avis positif sans avoir acheté le produit ; 
  • de créer de faux comptes clients pour augmenter votre note moyenne Google Review. 

Bien évidemment, rien ne vous empêche de demander à vos clients qui semblent satisfaits de vos services ou produits de laisser un avis après leur achat. En revanche, vous ne pouvez pas créer de faux témoignages ou présenter comme authentique l’opinion d’une personne qui n’a jamais vécu l’expérience décrite.

Bon à savoir : cette règle s’applique à tous les avis clients qu’ils soient publiés en ligne, affichés dans votre magasin ou mentionnés sur un support papier. 

Quelle responsabilité en cas de faux avis diffusés par mon prestataire ?

« Ce n’est pas moi qui ai publié ces commentaires. » Cet argument est fréquent. Il est pourtant parfaitement inopérant. Confier la mise en ligne de faux avis à une agence, un freelance ou un community manager ne vous décharge pas de votre responsabilité.

La formulation de l’article L.121-4 du Code de la consommation ne laisse aucune place au doute sur ce point. Le texte interdit en effet de diffuser ou de faire diffuser de faux avis ou de fausses recommandations de consommateurs.

Imaginons que vous souhaitiez faire passer votre note Google de 3,8 à 4,7 étoiles. Vous rémunérez pour cela une agence qui crée plusieurs comptes et poste des témoignages attribués à de prétendus clients satisfaits. Le fait de n’avoir ni rédigé ni mis en ligne ces avis ne suffit pas à vous exonérer.

Si vous déléguez la collecte d’avis ou la gestion des commentaires, vérifiez les méthodes employées par votre prestataire. Une promesse d’obtenir rapidement un grand nombre d’avis positifs doit notamment vous alerter si elle ne repose pas sur les témoignages de véritables clients.

Pour résumer, les faux avis sont interdits, peu importe leur origine. Vous ne devez pas les rédiger vous-même ni faire appel à une agence spécialisée. Vous ne devez pas non plus demander à un proche de laisser un commentaire élogieux sur un produit ou un service qu’il n’a jamais réellement testé. Enfin, offrir un avantage en échange d’un avis n’est pas interdit en soi, mais cette contrepartie doit être signalée et ne doit jamais dépendre du caractère positif de l’avis. Certaines plateformes, dont Google, proscrivent en outre les avis incités dans leurs règles d’utilisation. 

Quelles sont les sanctions pour faux avis positifs ?

Combien peut vous coûter une campagne de faux avis positifs ? Bien plus que son prix d’achat. 

En commandant de faux avis positifs, vous risquez de lourdes sanctions pénales. Cette pratique commerciale trompeuse est en effet punie de deux ans d’emprisonnement et de 300 000 € d’amende. Le montant de l’amende peut être porté à 10 % de votre chiffre d’affaires moyen annuel, calculé sur les trois derniers exercices connus à la date des faits. Il peut aussi atteindre 50 % des dépenses engagées pour réaliser la pratique frauduleuse.

Ces peines constituent le régime de base. Le risque s’alourdit nettement lorsque les faits sont commis en ligne. Depuis 2024, l’article L.132-2 du Code de la consommation porte les peines à cinq ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende lorsque l’infraction est commise au moyen d’un service de communication au public en ligne ou d’un support numérique ou électronique.

Ces sanctions s’appliquent donc : 

  • aux avis Google ; 
  • aux sites d’avis ; 
  • aux plateformes numériques (réseaux sociaux) ; 
  • à votre propre site internet. 

Votre société peut, elle aussi, être poursuivie. En application de l’article L. 132-3 du Code de la consommation, elle encourt une amende pouvant atteindre le quintuple de celle prévue pour les personnes physiques, soit 3 750 000 € lorsque la pratique est commise en ligne, ainsi que des peines complémentaires comme l’interdiction d’exercer l’activité concernée ou la diffusion de la condamnation. Le dirigeant s’expose quant à lui à une interdiction de gérer pouvant atteindre cinq ans.

Le risque ne s’arrête pas au montant de l’amende. Une condamnation rendue fin 2024 illustre les conséquences concrètes de telles pratiques. Une société ayant publié de faux avis a été condamnée à 80 000 € d’amende, avec publication du jugement. Son gérant a, quant à lui, reçu une peine de trois mois d’emprisonnement avec sursis et 4 000 € d’amende.

Vous cherchiez à renforcer votre image de marque grâce à de faux commentaires ? Une condamnation rendue publique risque de produire exactement l’effet inverse sur votre e-réputation.

Comment la DGCCRF détecte-t-elle les faux avis positifs ?

Vos avis clients ne passent pas sous les radars parce qu’ils sont publiés sur Internet. La DGCCRF contrôle les pratiques liées aux avis en ligne et dispose d’outils pour repérer les publications suspectes.

Elle a notamment développé Polygraphe, un outil capable de collecter et d’analyser plusieurs centaines de millions d’avis. L’objectif est de repérer des anomalies et d’orienter les enquêteurs vers les professionnels susceptibles de publier ou de faire publier de faux commentaires.

Plusieurs indices peuvent attirer l’attention des autorités : 

  • Une hausse soudaine du nombre d’avis ; 
  • une série de commentaires très positifs (en décalage avec les avis précédents) ; 
  • des publications avec des termes et des structures similaires (voire identiques). 

En clair, acheter des avis par dizaines pour modifier rapidement votre note moyenne n’est pas une méthode discrète pour travailler votre e-réputation. 

Et les contrôles ne sont pas rares. Lors d’une enquête menée sur 551 sites internet, la DGCCRF a relevé des anomalies sur près d’un tiers des sites contrôlés. Elle a notamment dressé 40 procès-verbaux pour pratique commerciale trompeuse.

Comment obtenir des avis positifs sans enfreindre la loi ?

Vous n’avez pas besoin de fabriquer des commentaires pour améliorer votre e-réputation. Vous pouvez parfaitement solliciter l’avis de vos vrais clients après un achat ou une prestation.

La différence tient à l’authenticité du témoignage. Vous demandez à votre client de partager son expérience, sans lui dicter ce qu’il doit écrire. Son avis positif ou négatif doit refléter ce qu’il pense réellement de votre produit ou de votre service.

Évitez donc les demandes du type : « Vous êtes satisfait ? Donnez-nous cinq étoiles. » Préférez une invitation neutre à laisser un avis. Vous recueillez ainsi des avis clients qui correspondent à de véritables expériences, y compris lorsqu’un client mécontent décide de publier une appréciation négative.

Prenez garde également à ne pas solliciter uniquement les clients satisfaits pour protéger votre note moyenne. Votre collecte d’avis doit être crédible. Elle doit donc reposer sur des témoignages sincères et ne pas donner une image artificiellement plus flatteuse de votre entreprise.

Vous pouvez utiliser un dispositif de collecte d’avis qui permet d’identifier les témoignages issus de véritables achats. Mais attention, là encore la sincérité est de mise. Les mentions telles que « avis vérifiés » ou « avis certifiés » doivent toutefois correspondre à une procédure réelle de contrôle. Une formule rassurante affichée à côté d’un commentaire ne suffit pas à prouver sa véracité.

Comment protéger votre e-réputation sans acheter de faux avis ?

Un avis négatif fait baisser votre note Google ? Ne le noyez pas sous une série d’avis positifs artificiels. Commencez par vérifier la nature du commentaire et choisissez une réponse adaptée.

  • Face à l’avis authentique d’un client mécontent, répondez publiquement avec mesure. Une réponse précise et courtoise montre aux clients potentiels que vous prenez les critiques au sérieux. Elle vous permet aussi de donner votre version des faits sans chercher à faire disparaître une opinion qui vous déplaît.
  • La situation change face à un contenu frauduleux, injurieux ou susceptible de relever de la diffamation ou du dénigrement. Un signalement auprès de la plateforme, une demande de suppression ou une action juridique peuvent alors être envisagés selon la nature des propos. L’intervention d’un avocat du numérique permet de qualifier le contenu avant d’agir et d’éviter une réaction juridiquement maladroite.

Vous êtes victime d’un faux avis négatif sur Internet ? Consultez notre guide pour savoir comment réagir. 

Commander de faux avis positifs pour améliorer votre réputation en ligne peut sembler tentant. Pourtant, la pratique vous expose à des sanctions pénales, y compris lorsque vous confiez la publication des commentaires à un prestataire. Pour développer une e-réputation solide, mieux vaut miser sur de vrais avis clients et traiter les contenus litigieux avec les outils juridiques adaptés.

Avec le Bouclier 360 d’Infolawyers, vous bénéficiez d’un appui juridique pour anticiper les problèmes liés à votre présence en ligne et réagir lorsqu’une menace pèse sur votre entreprise. Un doute sur un avis, une campagne de collecte ou les pratiques de votre prestataire ? Nos avocats e-réputation sécurisent votre activité et préviennent les difficultés avant qu’elles ne vous coûtent cher. Une solution simple et efficace pour protéger votre image. 

FAQ sur la responsabilité en cas de faux avis positifs

Est-il légal d’acheter des avis Google positifs ?

Absolument pas. Le Code de la consommation considère cette pratique comme trompeuse. Peu importe d’ailleurs que vous rédigiez vous-même ces commentaires ou que vous fassiez appel à une agence spécialisée. 

Pouvez-vous offrir un cadeau en échange d’un avis positif ?

Récompenser un client en contrepartie d’un avis positif pose un réel problème puisque cet avantage influence, même inconsciemment, le contenu du témoignage. Gardez en tête que votre client doit rester libre d’exprimer son expérience réelle.

Que risquez-vous si vous commandez de faux avis en ligne ?

Lorsque la pratique commerciale trompeuse est commise au moyen d’un service en ligne ou d’un support numérique ou électronique, les peines peuvent atteindre cinq ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende. Votre société encourt quant à elle une amende pouvant atteindre 3 750 000 €, ainsi que des peines complémentaires comme l’interdiction d’exercer l’activité concernée.

Comment demander légalement des avis à vos clients ?

Demandez à vos véritables clients de laisser un avis après leur achat ou leur expérience, sans leur imposer une note ni dicter leur commentaire. Une collecte loyale doit accepter les avis positifs et négatifs. 

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